Aux armes citoyens ! (La Marseillaise, hymne national français, refrain)

« Souvenons nous, même Thatcher a été contrainte de quitter le pouvoir sous la pression de la rue. Nous n'avons plus le choix. Nous devons les faire partir », écrit Frédéric Viale avec les Constituants, rappelant au passage que « le néolibéralisme radicalisé que nous subissons ne connaît aucune limite en dehors de celle que les peuples parviennent à lui imposer. »

Après plus d'un mois de mobilisations opposées à la contre-réforme des retraites, tout ce que trouve à faire le Premier ministre est de se livrer à un pas de deux en compagnie de son syndicat préféré, la CFDT, en retirant
« provisoirement » l'âge pivot, mais à la condition que sous trois mois les syndicats imaginent une solution dans le cadre contraint qu'il pose lui-même, faute de quoi il prendra ses responsabilités : une autre version de
« soit je vous laisse faire ce que je veux, soit je le fais moi-même ».

Après plusieurs mois de Gilets jaunes dans la rue, le président se livre aux frais du contribuable à un one-man show narcissique, pardon, à un Grand débat afin d'expliquer aux gueux en quoi il ne changerait rien.

Après plusieurs mois de mobilisations des personnels hospitaliers, la ministre réexplique une énième fois un pseudo-plan d'affichage et de saupoudrage, au moment où des médecins démissionnent en masse de leurs fonctions administratives.

L'indemnisation chômage a été sabrée et le code du travail, malmené par la loi El Khomri et par les ordonnances Macron, n'est plus que l'ombre de lui-même. Des patients meurent dans les hôpitaux par manque de moyens, des gens sont exclus en nombre, poussés sur le côté, jetés à la poubelle d'une société qui jamais pourtant n'a été aussi productive. Les politiques fiscales antiredistributives volent au secours des plus riches. Dans la rue, les plus récalcitrants se prennent coups de matraques, tabassages, humiliations et gaz lacrymogènes, les éborgnés sont déboutés par la justice tout comme les estropiés. Et les médias aux ordres regardent ailleurs.

Ce n'est pas fini : il se prépare une loi sur la recherche publique qui va finir d'achever ce secteur pourtant crucial, une des fiertés de notre pays. L'ensemble des services publics va continuer de passer à la moulinette de la rigueur absurde. Partout, des secteurs entiers crient leur douleur et ils ne sont ni entendus ni considérés. Alors pour expliquer cela, on parle du mépris des gouvernants, on a raison, il est partent – et celui du premier d'entre eux caricatural. Mais cela va plus loin : il s'agit de détruire l’État, et détruire l’État en ce qu'il garantit le pacte républicain, celui de la France depuis le Conseil national de la Résistance. Si les secteurs publics souffrent, c'est parce qu'ils sont une cible privilégiée pour le néolibéralisme. Ils souffrent donc d'une manière particulièrement aiguë et nécessaire du point de vue des réformateurs. C'est un passage obligé vers le post-État.

Ce gouvernement n'a jamais eu l'intention de négocier, jamais. Le Président a une vision, et elle n'est pas celle d'un Ricœur, comme certains thuriféraires énamourés ont laissé croire, elle est celle de Thatcher. Pourtant, Thatcher a sévi dans les années 1980, elle a laissé derrière elle une société dure aux faibles, injuste et invivable, tout ce qu'elle a fait est remis en cause et parfois par ses héritiers politiques eux-mêmes. Qu'importe aux radicalisés qui nous gouvernent, il faut reproduire ce cauchemar ici et maintenant. Certes, les gouvernements socialistes ont largement, méthodiquement préparés le terrain, aussi bien nationalement que par Union européenne interposée, mais nous arrivons à un moment crucial où la brutalisation sociale systémique devient dangereuse.

La grève dans les transports, les blocage de raffineries, le soulèvement des Gilets jaunes ne sont pas vains. Ces événements montrent que malgré d'intense discours médiatique manipulatoire déversé depuis des années sur « la-nécessité-des-réformes », personne n'est dupe.
La grève des transports, le blocage des raffineries, le soulèvement des Gilets jaunes ne peuvent être sacrificiel : la mobilisation doit s'amplifier, toucher tous les secteurs.
Car tous les secteurs sont concernés. Ceux et celles qui aujourd'hui imaginent que le cauchemar libéral ne les atteindra pas se trompent. Par nature, le néolibéralisme radicalisé que nous subissons ne connaît aucune limite en dehors de celle que les peuples parviennent à lui imposer. Souvenons nous, même Thatcher a été contrainte de quitter le pouvoir sous la pression de la rue. Nous n'avons plus le choix. Nous devons les faire partir.

Frédéric Viale et les Constituants

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