C’est notre vie qui est en jeu

« C'est notre vie qui est en jeu », alerte Sacha Mokritzky dans la Feuille constituante du 6 janvier, alors qu'Alix, un agent gréviste de la RATP, s'est donné la mort il y a quelques jours. Ce décès tragique et ceux qui l'ont précédé sont « le miroir d’une réalité destructrice, qui a tué en 2019 et continuera de tuer en 2020 si les politiques publiques ne sont pas transformées en profondeur ».

Ce vendredi 3 janvier, Alix, agent gréviste de la RATP, s’est donné la mort. Le vendredi 8 novembre, c’était un étudiant, Anas, qui s’immolait par le feu devant le CROUS de Lyon. Le 4 décembre, un étudiant bordelais se défenestrait depuis son établissement. Ce ne sont plus des statistiques. Ce sont des visages, des vies, des familles détruites. Dans une morbide hypocrisie, le Secrétaire d’État déclarait le 13 novembre qu’il « n’est jamais un acte politique que de tenter de mettre fin à ses jours », paraphrasé dans la foulée par sa collègue Amélie de Montchalin. Dangereux déni ou cynique dessein? La réalité rattrape bien vite les immoraux. De trop nombreux secteurs sont aujourd’hui touchés par des vagues de suicides. 
Soignants, policiers, étudiants, professeurs. Ce sinistre tableau est complété par le tragique constat qu’en France, chaque année, ce sont en moyenne 1200 travailleurs qui meurent à la tâche, victimes de conditions trop dangereuses.
Le 26 décembre 2019, Le Média consacrait un reportage à la mort de Guillaume, 36 ans, employé intérimaire du BTP mort sur un chantier en août. Son malheureux destin, causé par le labeur et l’incapacité de ses employeurs à assurer la sécurité des travailleurs, est le miroir d’une réalité destructrice, qui a tué en 2019 et continuera de tuer en 2020 si les politiques publiques ne sont pas transformées en profondeur, dans l’intérêt général de l’humanité et des travailleurs. 

Mais le projet d’Emmanuel Macron et du monde qu’il défend semble à l’exact opposé de cet idéal, et on ne peut que craindre la résurgence de ces drames à l’avenir. La réforme des retraites, la casse méthodique du code du travail, les politiques répressives, la casse des hôpitaux, des écoles et des services publics en général, la réforme du chômage, l’allongement de la durée de conduite des chauffeurs de bus, sont tant de coups portés à l’idéal des jours heureux.
Monsieur Macron, les vies humaines ne sont pas des statistiques jetées telles des taches ridicules sur la grande toile du capitalisme. Vos actes ont des conséquences, vos choix tuent, et le peuple en a conscience. Il est temps que le peuple parachève sa saisie du processus constituant en débordant les syndicats ; il doit reprendre le contrôle de sa propre stratégie révolutionnaire pour renouer avec sa souveraineté.

À VOIR AUSSI