Compte rendu du lancement du Cercle Constituant de Clermont-Ferrand

La réunion de lancement du Cercle Constituant de Clermont-Ferrand s’est tenue mercredi 3 juillet 2019 en présence de François Cocq et Romain Dureau, et a réuni 35 personnes d’horizons très divers : Gilets Jaunes, militants politiques, syndicalistes, associatifs, libre penseurs, etc. La discussion fut riche d’une grande diversité d’intervention et a permis de dégager quatre grandes questions sur la démarche des Cercles Constituants.

Lancement du Cercle Constituant de Clermont-Ferrand

Qui sommes-nous ?

François Cocq a rappelé les fondements de l’initiative des Constituants. Depuis le 17 novembre, la contestation sociale qui a donné naissance au mouvement des Gilets Jaunes s’est prolongée dans un puissant souffle démocratique. La question de la souveraineté populaire est très vite arrivée au cœur des revendications des Gilets Jaunes. L’ambition des Constituants est de proposer aux Gilets Jaunes au débouché politique, hors du champ institutionnel. Il serait vain d’essayer de ramener ce mouvement dans le champ institutionnel de manière trop précoce. Mais de belles idées ont émergé des assemblées de Gilets Jaunes et le camp de l’humanisme et de l’émancipation en ressort grandi. C’est une bonne base pour nous refonder en tant que corps politique, en tant que Peuple. 

Pour guider nos échanges, plusieurs portes d’entrée ont été proposées : 
• Les institutions républicaines et les règles du jeu démocratique. Dorénavant, les citoyen.ne.s ne veulent plus se contenter de voter, ou de discuter : ils/elles veulent décider.
• Le contenu d’une nouvelle constitution : des nouveaux droits sociaux et écologiques, universels, à conquérir ou à étendre.
• Les luttes et combats locaux, emblématiques, à appuyer.
• Le processus de référendum sur la privatisation d’Aéroports de Paris. Il est normal que le Peuple puisse s’exprimer, en pour ou en contre, sur la question des privatisations. Le référendum est une sortie par le haut d’un désaccord politique.

Les participants insistent sur l’importance, d’une part, d’intégrer à notre démarche un patrimoine politique historique (la Révolution de 1789 et la Première République de 1793, les conquêtes sociales de 1936 et 1945, etc.) mais aussi d’inscrire notre collectif dans les luttes du moment, comme aujourd’hui les mobilisations pour défendre les services publics de la santé, ou encore la campagne pour le référendum sur la privation des Aéroports de Paris. En repartant des revendications sociales et populaires, nous voyons clairement les freins que constituent les institutions de la Ve République pour leur pleine expression : la mécanique institutionnelle est aujourd’hui viciée.

Or, la Constitution est le texte fondamental et solide qui permet à la souveraineté populaire de s’exprimer. Selon la hiérarchie des normes, l’ensemble des textes de loi doivent être en conformité avec la Constitution, qui prime également sur les traités internationaux et donc les traités européens. La Constitution est donc plus que jamais le moyen d’exprimer clairement un projet politique émancipateur : l’enjeu est grand de refonder tous ensemble notre Constitution, selon un large processus constituant, aux antipodes de la manière dont celle de la Ve République a été conçue !

Que voulons-nous faire ?

Des militants Gilets Jaunes présents participent depuis plusieurs mois à un travail de lecture et de réflexion sur la Constitution : selon eux, c’est le cœur du problème. « En s’intéressant à la Constitution, on redécouvre la politique. » Pour eux, la question est de savoir s’il vaut mieux repartir de la Constitution de la Ve République ou bien d’une page blanche. L’initiative des Constituants est, de ce point de vue, positivement accueillie : ce sont des synthèses successives qui permettront d’avancer. Les participants au Cercle soulignent la qualité et le niveau de la discussion sur les enjeux démocratiques lors des Assemblées de Gilets Jaunes. 
La question de la reprise en main de la Res publica par le plus grand nombre est fortement posée : le Peuple ne peut pas uniquement s’exprimer par délégation de pouvoir. Et toute délégation de pouvoir doit être une délégation de mandat, l’élu étant révocable en cas de non-respect de ses engagements. La remise en cause des dirigeants actuels et leur faible représentativité démocratique, du fait du mode de scrutin, est une démonstration de cette aspiration démocratique. Une militante Gilet Jaune pointe notamment du doigt que l’actuelle Constitution ne tient aucun compte ni des lobbies, ni des médias. 

De la même manière, la Constitution et la loi laissent orphelins les citoyens dans leurs entreprises et ne leur confère que trop peu de pouvoir démocratique. Mais il est notable qu’aujourd’hui, le Peuple n’est plus souverain dans le champ politique. Sa souveraineté est piétinée : malgré les mobilisations (voire les votes), les dirigeants engagent des décisions contre la volonté populaire. Par exemple, malgré des millions de manifestants en 2010 contre la réforme des retraites, N. Sarkozy n’a pas reculé et a fait passer sa réforme. E. Macron fonctionne de la même manière, pratiquant le passage en force au sein d’une « démocratie minoritaire ». Face à ce blocage démocratique, c’est une majorité populaire que le camp émancipateur doit construire, en retrouvant l’élément liant de la société : le bonheur commun.
Enfin, un militant de la Libre Pensée démontre les manquements de la Constitution actuelle en termes de défense de la loi de 1905 faisant de la France un Etat laïc.

Après la loi Travail et les nombreuses mobilisations, l’Université Populaire et Citoyenne du Puy-de-Dôme avait également initié des travaux sur la Constitution. Modestement, le rôle des Cercles Constituants peut être de retrouver et de réagréger ces citoyen.ne.s engagé.e.s. Les Cercles Constituants doivent faire vivre l’idée du processus constituant ; ceci dépasse la simple convocation d’une Assemblée Constituante, car cela supposerai une délégation immédiate de souveraineté. L’Assemblée Constituante est l’aboutissement du processus constituant, et celui-ci peut prendre des formes diverses. 

Comment voulons-nous fonctionner ?

François Cocq insiste sur la désaffection de nombreux citoyens face à la politique, suite à des déceptions trop nombreuses. Nous ne pouvons donc nous contenter de militer dans le champ institutionnel et dans les processus électoraux. Les Constituants ne sont donc ni un mouvement, ni un parti, mais une démarche ouverte et inclusive. Dans un second temps, il s’agira de ramener ces réflexions dans le champ institutionnel, mais ce ne sera pas aux Cercles Constituants de le faire. Nous serons un groupe constitué et actif pour que notre idée soit reprise, d’abord par le plus grand nombre, puis par une force politique. On ne peut plus faire de la politique comme autrefois : il faut de la cohérence.

Les Constituants peuvent être un lieu de synthèse. Pour cela, nos réunions et actions sont ouvertes à tous. Notre plateforme lesconstituants.fr est un lieu de convergence et de réflexion. Des contributions collectives, dans une logique de rupture avec l’individualisme ambiant, issues de diverses réunions et collectifs peuvent être déposées sur la plateforme, que ce soit dans le cadre des Cercles Constituants ou non. Les Constituants ne rentrent en concurrence avec aucune autre initiative. Au contraire, nous souhaitons créer des interactions entre les différentes initiatives ; cela prendra du temps.

Concrètement, quels sont nos chantiers ?

L’un des premiers chantiers des Constituants doit être de s’adresser plus largement qu’à ses réseaux proches : il faut être acteurs d’un processus de formation et d’éducation populaire. Notamment, chaque citoyen peut être un lanceur d’alerte en cas de manquement à la Constitution ! C’est une étape essentielle pour pouvoir ensuite convaincre autour de nous.

Un second chantier sera l’animation d’ateliers constituants, lieu de réflexion et d’élaboration collective, au service du processus constituant.

Enfin, le troisième pilier de notre Cercle sera de se tourner résolument vers l’action et de s’adresser au-delà de nos propres rangs. Nous pourrons commencer ce travail en s’inscrivant dans la campagne de signature pour le référendum sur les privatisations d’Aéroports de Paris.


Pour rejoindre le Cercle Constituant de Clermont-Ferrand ou en créer un autre dans le Puy-de-Dôme : lesconstituants63@gmail.com / @Constituants63 sur Facebook et Twitter.

La rubrique « Restitutions » de la plateforme LesConstituants.fr partage les comptes rendus des réunions constituantes envoyés par les Cercles constituants locaux et par les autres initiatives citoyennes qui le souhaitent.

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