Défausse

« Pour avoir, en lieu et place des inutiles volubiles, assuré la pérennité de nos biens communs au printemps et cet automne, les premiers de corvée sont tout désignés pour définir les règles de vie en société du monde à venir », affirme François Cocq, fustigeant l'impréparation du gouvernement face à la seconde vague du Covid-19.

La seconde vague du Covid déferle donc sur le pays. L’appeler « rebond
épidémique » comme le fait le gouvernement ne masque pas la tragédie de
répétition : l’impréparation initiale a laissé place à l’inaction et à la défausse.

Durant l’été, le monarque trônait sur un jet-ski, certains parmi ses affidés roucoulaient devant les objectifs plutôt que préparer une rentrée que, contre le réel, ils avaient décrétée par avance « normale » et « dans la joie ».

À l’école, le protocole s’applique sauf s’il ne peut pas s’appliquer ! Concrètement, seuls les masques de protection sont imposés mais la distanciation physique est une chimère. Les arguties communicationnelles faisaient une fois encore office de politique et comme depuis l’amorce du déconfinement, les citoyens étaient renvoyés à leur responsabilité individuelle.

Si du temps a été perdu en mars, autant le fut en août. Concrètement, rien n’a été mis en place. Si le nombre de tests a bien augmenté, c’est dans le plus grand chaos, sans organisation ni priorisation, avec pour effet de retarder la détection des cas positifs. Le « Tester, Tracer, Isoler » répété comme un mantra dissolvait le traçage et l’isolement à n’avoir pas anticipé la gestion des tests.

Dépassé à Paris, le gouvernement joue la carte du localisme. Peine perdue quand celui-ci ne consiste pas à s’adapter mais à se défausser. Après les absurdes zones de port du masque par rues comme à Paris, les préfets sont désormais livrés à eux-mêmes à Bordeaux, à Marseille, en Guadeloupe ou ailleurs, au point de se plaindre sous couvert d’anonymat d’un manque patent de cadrage. Ce n’est plus la déclinaison locale d’une politique nationale républicaine mais de la débrouille à la carte pour dissoudre les responsabilités.

Même dans le champ économique le plan de 100 milliards d’euros est non seulement sous-calibré, mais arrose surtout sans distinction des terres arides et des rizières : l’absence de contreparties, notamment en ce qui concerne la baisse des impôts de production, transforme pour certains l’aide en rente.

Après trois ans de tests in situ, force est de constater que les gouvernements Macron sont à chaque fois des faux négatifs. Là où la protection et la reconstruction devraient être une œuvre collective, la macronie atomise les réponses pour mieux renvoyer sur les individus l’incurie de ses politiques. Pour avoir, en lieu et place des inutiles volubiles, assuré la pérennité de nos biens communs au printemps et cet automne, les premiers de corvée sont tout désignés pour définir les règles de vie en société du monde à venir.

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