La Feuille constituante du 02.09.2019

Chaque semaine, la Feuille constituante chronique l'actualité politique et lui donne une dimension constituante. Ce 2 septembre, Alphée Roche-Noël préconise, plutôt que de «commenter l'Acte II du quinquennat» Macron, de «préparer le nouvel An I de la République».

Les Constituants

À grands coups de trompette, les chroniqueurs officiels annoncent déjà l’« Acte II » du règne d’Emmanuel Macron. Instruit par la « crise des gilets jaunes », le roi-président aurait changé de « méthode », mais nullement d'« objectif ». Autrement dit : glissé sa main de fer dans un gant de velours.

La comédie de la concertation ne résiste pas à l’analyse des faits. Après avoir sabré les droits sociaux, le gouvernement s’attaque aux retraites des travailleurs. Il continue de brader les biens communs et entrave le recueil des signatures contre la privatisation d’Aéroports de Paris. Les gilets jaunes se sont vu opposer une fin de non-recevoir : l’ISF ne sera pas restauré et le RIC ne verra pas le jour. Tandis que l’État livre la société au marché, les classes moyennes et populaires tirent la langue. L’extrême droite, elle, attend son tour.

Alors, que faire ? Consentir à se battre sur le seul terrain des institutions actuelles ? Autant reconnaître d’emblée la défaite. La 5e République est un régime conservateur : le système y protège le système. Une fois l’onction du suffrage universel obtenue, l’opposition y a principalement valeur de témoignage.

Heureusement, d’innombrables Français ne se satisfont plus de cet état de fait. Depuis près d’un an, leur mot d’ordre est : « nous ne nous contentons plus d’être des individus : nous revendiquons notre droit à la citoyenneté ». Cette volonté doit conduire au dépassement des cadres éculés du césarisme présidentiel, du parlement aux ordres et du peuple résigné.

Aussi vrai qu’il n’y aura pas de nouvelle société sortie d’institutions datées, nous pouvons transformer ce mouvement en faisant de la question constituante la première question à l’ordre du jour, dès aujourd’hui et d’ici à 2022. En affirmant que le moment est venu de refonder le contrat social, réécrire les règles communes, proclamer de nouveaux droits émancipateurs.   

Plutôt que de commenter l'Acte II du quinquennat, préparons le nouvel An I de la République.

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