L’autre catastrophe qui s’avance !

Face à la multiplication des licenciements, Flavien Chailleux l'affirme dans sa Feuille constituante : « les solutions existent : entrée au capital des entreprises, barrières douanières, marchés réservés, construction d’un véritable plan de relance par la consommation, politique de grands travaux assurant la transition écologique. » « Mais n’en doutons pas, poursuit-il, cela ne sera pas la philosophie d’Emmanuel Macron. Il est donc primordial pour le camp social, nous le peuple, que nous nous chargions de lui faire changer d’avis en imposant, par tous moyens, nos solutions à l’autre catastrophe qui s’avance ! »

Les Constituants

General Electric,  Duralex, Air Liquide, Danone, etc… Ces noms sont ceux qui composent une liste déjà longue, très longue, trop longue, et qui se remplit chaque jour qui passe. Cette liste, c’est celle répertoriée par le compte twitter « plan de licenciement », qui s’attache à mettre en avant les entreprises, faisant l’objet d’un « Plan de Sauvegarde de l’Emploi » depuis le début de la crise du Covid. Sous cette dénomination orwellienne, se cache une destruction massive d’emplois salariés, et une explosion de ses corollaires : chômage, pauvreté, chantage à l’emploi, angoisse du lendemain, divorces, suicides…  

Selon la Dares, le nombre de procédures « PSE » engagées depuis mars 2020, s’élève à 657, et concerne 67 000  ruptures de contrat de travail, soit une augmentation d’environ 140 % (!) par rapport à la même période en 2019. À ces chiffres catastrophiques pour la vie des salariés concernés, il faut ajouter les procédures de licenciement économique concernant les entreprises non soumises à un PSE, c’est-à-dire les entreprises de moins de 50 salariés, près de 5 000. Catastrophe qui aura pour conséquence la destruction de ce que les économistes nomment « emplois indirects » : pour un emploi détruit dans un grand groupe, il faut compter 3 emplois indirects détruits ; cela nous donne une idée de la catastrophe en cours.

Mais le pire est encore à venir. La catastrophe va s’accentuer dans les prochains mois, et si l’inquiétude grandit dans les couloirs du ministère du Travail ce n’est pas sans raison. En effet, le second confinement va provoquer une seconde vague massive de destructions d’emplois. Les trésoreries des entreprises déjà entamées par le premier confinement vont être réduites à peau de chagrin, leur endettement explose, et la plupart des clôtures d’exercices comptables arrivent. Les entreprises ayant échappé à la destruction d’emplois jusqu’à lors ne pourront pas y échapper cette fois. La non-anticipation par Emmanuel Macron de la seconde vague, non seulement aura tué, mais va mettre au chômage des centaines de milliers de français.

Le gouvernement, contrairement à sa toute première réforme, les ordonnances travail qui avaient facilité les licenciements économiques en modifiant le périmètre d’appréciations des difficultés économiques des entreprises en les réduisant à l’échelon national, ne doit pas se contenter de faire homologuer, par les Direccte, les PSE en cours et à venir, mais il doit tout faire pour empêcher le plus grand nombre possible de PSE de se réaliser. Les solutions existent : entrée au capital des entreprises par l’État lui-même, mise en place de barrières douanières, marchés réservés, construction d’un véritable plan de relance par la consommation, ainsi qu’une politique de grands travaux assurant la transition écologique. Et comme malheureusement tous les PSE ne pourront être empêchés, le gouvernement doit se résoudre à abandonner sa contre-réforme de l’assurance chômage. 

Mais n’en doutons pas, cela ne sera pas la philosophie d’Emmanuel Macron. Il est donc primordial pour le camp social, nous le peuple, que nous nous chargions de lui faire changer d’avis en imposant, par tous moyens, nos solutions à l’autre catastrophe qui s’avance !  

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