Pour une rentrée constituante !

« Au moment où la rentrée va prolonger dans le concret et le matériel la prise de conscience généralisée de l’incapacité de la macronie à répondre au présent et à penser l’avenir, l’aspiration constituante du peuple doit se frayer un chemin », écrit François Cocq dans la Feuille constituante de ce lundi 31 août.

C’est la rentrée ! Les mieux lotis auront pu profiter d’une coupure estivale pour souffler un peu après un printemps confiné. Pour les autres la monotonie le dispute aux difficultés matérielles. Pour tous, il s’agit de faire face à la suite.

La Covid-19 n’en a pas fini de faire des ravages, que ce soit d’un point de vue sanitaire ou que ce soit dans ses conséquences dramatiques à venir sur le plan économique et social. Les tensions se sont exacerbées au sein d’une société plus repliée sur elle-même que jamais. Le défi de la refondation-reconstruction est urgent et immense : rendre aux citoyens leur capacité de décision collective pour organiser et légitimer la bifurcation vers un modèle productif conciliable avec les nouveaux impératifs démocratique, écologique et humain que la Covid a révélés.

Voilà la tâche. Au lieu de ça, on assiste en cette rentrée à un sordide spectacle : le pire du vieux monde politicien, de palinodies en jeux de dupes, est tout tourné vers l’élection présidentielle. Le champ institutionnel est un paravent lorsqu’il fonctionne en vase clos. Spectacle affligeant hors les réalités du quotidien qui privilégie les regroupements cartélisés à l’exigence de faire émerger une majorité populaire. Les appareils politiques et la volonté citoyenne ne sont plus seulement disjoints, ils se font désormais face : les premiers prisonniers de leurs calculs d’apothicaires, la seconde cherchant un remède pour se libérer.

L’année qui vient doit être une année utile. Elle ne peut, au regard des circonstances, être accaparée par les arrière-pensées présidentielles et l’instrumentalisation à cet effet des élections départementales et régionales. Elle ne peut pareillement subir la division du mouvement populaire en exprimant à cinq jours d’intervalles, le 12 puis le 17 septembre, une même volonté de transformation de la société.

Au moment où la rentrée va prolonger dans le concret et le matériel la prise de conscience généralisée de l’incapacité de la macronie à répondre au présent et à penser l’avenir, l’aspiration constituante du peuple doit se frayer un chemin. Elle doit être portée inlassablement, comme un processus en construction et non une promesse hypothétique, pour grandir dans les cœurs et irriguer les âmes. Il sera bien temps, le moment venu et le nouveau sens commun développé, de penser à s’institutionnaliser pour définir une nouvelle légalité.

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