Quand on sort, on les sort!

Dans la Feuille constituante de ce 30 mars, Walter Mancebon part de son expérience du chômage partiel et en arrive à une conclusion, en forme de slogan : « Quand on sort, on les sort!» Un réquisitoire impitoyable contre le monarque et ses suivants. Et une note d'espoir qui fait revenir l'humain au centre, contre ceux qui préfèrent les profits à la vie.

Vendredi 17h, j’allais me déconnecter de ma semaine de télétravail. Un message arrive sur la messagerie du boulot : « Walter je peux te parler ? ». La nouvelle tombe : la semaine prochaine, je serai en chômage partiel. J’ai bien vu la gêne de ma responsable. Je ne lui en voulais pas, ni à elle, ni à ma direction : l’activité se casse la gueule, on doit s’adapter. C’est pas à eux que j’en veux. C’est au monarque et à ses suivants, à leur gestion pitoyable, irresponsable, cynique de cette pandémie.
Ils nous demandent de renoncer à un tiers de notre salaire brut (traitement à 70%) mais dans le même temps ils renoncent à imposer une contribution aux actionnaires. Aussi écœurant qu’une prime à 1 000€ pour risquer sa vie et celle de ses proches. Dès le début, ils avaient choisi. Le même choix que d’habitude : le profit plutôt que la vie.

L’Histoire nous a déjà enseigné cette cuisante leçon. Les même qui nient la vie pour leurs pouvoirs, pour leurs fortunes, pour leur suffisance, pour leurs réseaux, pour leur suprématie. Nos vieux crèvent dans les Ehpad, nos soignants, sans matériel, sans protection, vont aller remplir les cimetières. Même nos flics tant haïs, après des mois de gazage, de matraquage, vont crever faute de protection, pour eux aussi j’ai de la peine, malgré tout.
Parce que le Covid-19, est un fléau, un monstre sans visage, un ennemi invisible, mais surtout parce qu’il est un révélateur. Il révèle toute l’absurdité de notre monde, de notre époque. Il nous explique, à grand coups de crématorium, que oui, un service public, c’est indispensable. Qu’une industrie localisée, c’est nécessaire, tout comme un peuple éduqué et conscient. Que la place d’un prof est dans sa classe, et que l’idée de l’envoyer ramasser des fraises dans le Lot est si bête. Il nous montre que gouverner, c’est prévoir le pire pour vivre le meilleur. Pour ne pas avoir à enfermer une famille dans 40 m² pendant des semaines avec l’angoisse de voir ses proches mourir, pour ne pas avoir à enterrer sa gamine de 16 ans, pour ne pas perdre mamie ou papi, pour ne pas perdre son boulot.
Mais, si la mort en réanimation ou seul à la maison nous terrifie, pour eux c’est une occasion de supprimer les congés payés, de faire bosser les gens 60 heures par semaine. Pour leurs profits ils nous laisseront crever. Après quoi ils nous remplaceront par des machines et des algorithmes, parce que pour eux, on n’est « rien ».
Et faut voir leurs partisans, quand on crie notre rage dans un tweet désespéré, seule fenêtre d’expression possible dans notre confinement, nous expliquer que le monde libéral est logique, équilibré, efficace et rationnel. Équilibrée, la barre des milliers de morts quotidiens en Italie. Logiques, les lignes de fabrication de médicaments à l’autre bout du monde. Efficace, la suppression des stocks de masques. Rationnels les 400 milliards de dividendes versés cette année.

Alors, oui, je vais être raisonnable, et rester chez moi. Je vais me porter volontaire pour aller aider dans les collectifs du coin, où on a besoin de bras. Mais je te promets, Macron, toi et tes sbires, quand on sort, on vous sort. Vous avez fait assez de mal, à nous le peuple, à notre planète, à notre avenir. On lâche rien, et surtout on n’oublie rien. Et nous, on sera pas en retard, Édouard !

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