Samuel, on ne t’oubliera pas

Par Flavien Chailleux

Le vendredi 16 octobre 2020, un professeur est mort, un professeur comme nous en avons tous eu, il s’appelait Samuel Paty. Il enseignait l’Histoire, il enseignait la liberté d’expression, il enseignait la liberté de conscience, il enseignait ce qui fait de nous des citoyens éclairés et tolérants aux idées et aux valeurs qui ne sont pas les nôtres. En somme, il enseignait l’apprentissage de l’art de la discorde démocratique.

Ce jour funeste 16 octobre, Samuel Paty est mort victime assassiné, mort poignardé, mort décapité par la main d’un terroriste de 18 ans. Si il y avait bien une main humaine derrière ce crime odieux, une main que d’aucun on dit par facilité et cécité volontaire être celle d’un fou ou celle « d’un tchéchène », cette main était armée par une idéologie. Cette idéologie doit être nommée. Elle se nomme l’islamisme, et elle a pour objectif d’imposer au pouvoir temporel de tous, la démocratie, un système juridique issue de croyance spirituelle. C’est non seulement une idéologie réactionnaire, sexiste, obscurantisme, mais plus que tout une idéologie totalitaire.

Mais si l’islamisme est coupable, nous ne pouvons pas passer sous silence les responsabilités d’autres protagonistes de ce drame. La première est celle de l’institution qui ayant peur, ne voulant pas de faire de vague, a pu dire par les mots du référent laïcité dépêcher sur place pour sermonner et non protéger Samuel Paty : « Cet entretien portera sur les règles de laïcité et de neutralité que ne semble pas maitriser M. Paty ». Oui l’institution qui convoqua la hiérarchie pour corriger Samuel, qui produira cette enquête avec ce titre misérable « sur les événement du bois d’aulne », ce policier qui prendra la plainte de parents d’élèves pour diffusion d’images pornographiques, le Ministère et son ministre qui refusa deux heures aux professeurs aux retour des vacances de la Toussaint, sont par leur lâcheté, par leur mépris du corps enseignant, par leur absence de discernement, par leur frousse absolue de défendre la laïcite comme elle doit l’être, également responsable de l’assassinat de Samuel Paty.  

Mais d’autres portent aussi le poids de la responsabilité. Celle des bases arrières de l’islamisme djihadiste tout d’abord, ces militants politiques extrémistes et autres prédicateurs de haine qui ont pignon sur rue mais chassent en meute et livrent à la vindicte de leurs bras armés des victimes expiatoires. Celle aussi qui confond musulman et islamiste, celle qui reprend le mot polysémique « d’islamophobie » confondant, encore, la critique d’une croyance et l’ensemble des croyants, confondant défense de la laïcité et discrimination des musulmans. C’est cette dernière qui a permis à un parent d’élève, puis à des sites islamistes, puis à une mosquée, de reprendre la rumeur qui a eu comme conséquence de jeter dans la gueule du fanatisme religieux, un simple professeur d’histoire. Cette responsabilité est celle qui par clientélisme, électoralisme, peur de déplaire et par bêtise, nous empêche de combattre sérieusement le venin islamiste, et permet à ce dernier de devenir un islamisme d’ambiance.

Samuel Paty est mort un 16 octobre, et de ce jour un devoir est né. Pour que plus jamais nous puissions revivre ça, pour que plus jamais la République soit attaquée de la plus ignoble des manières, pour que plus jamais les complicités ne soient tues, nous devons combattre pour le savoir et la réalité, car pour reprendre les mots de Gaelle Paty : « L’obscurantisme ne peut-être que combattu par la lumière du savoir ». Samuel, on ne t’oubliera pas !      

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