Vous avez dit « plan de relance » ?

« Si nous souhaitons relancer une économie frappée de plein fouet par le Covid et repenser collectivement et en toute indépendance notre modèle productif en partant des besoins réels des gens et particulièrement de ceux des plus pauvres (...), nous devons nous constituer comme cette force en capacité de dégager les politiques néo-libérales et leurs institutions : le peuple ! », affirme Flavien Chailleux dans la Feuille constituante de ce 5 mars.

Alors que les conséquences sociales du Covid se font de plus en plus ressentir - citons pêle-mêle l’augmentation de semaine en semaine du nombre de plans de suppression d’emplois, le nombre de demandeurs du RSA augmentant de 9,6% par rapport à l’année dernière, le taux de bénéficiaire de l’aide alimentaire fourni par le Secours populaire explosant en 2020, un taux de chômage estimé à 11,5% à la mi-2021 selon la Banque de France, ou encore la chute estimée de l’investissement des entreprises de 23% - la reprise économique en V semble de plus en plus illusoire. En effet, la crise du Covid, n’est pas derrière nous, le rebond actuel de l’épidémie et le possible renforcement des mesures sanitaires nous le rappellent. Le virus est là, et tant que la menace sanitaire est présente notre économie en sera affectée.

Prétendant répondre à la gravité de la situation, le gouvernent a annoncé, à l’aide d’une presse bien complaisante, un plan de relance « sans précédent de 100 milliards d’euros ».
Celui financé par 40 milliards de subventions du plan de relance européen nécessitant l’approbation du Conseil européen, soit une nouvelle perte de souveraineté et un contrôle accrus des néo-libéraux européens sur notre économie, alors que la France contribuera à hauteur de 66 milliards du budget européen. Le reste sera financé par l’emprunt et la « mise à contribution de la Caisse des dépôt et consignations » à hauteur de 60 milliards. Notons que seulement 30 milliards devraient être disponibles en 2021. Le remboursement du plan de relance lui se fera par la privatisation du bien public et l’augmentation du service de la dette. Ne plus avoir le contrôle de la création monétaire à un prix !

Si son financement implique perte de souveraineté et politique d’austérité, son contenu est lui dédié à la politique de l’offre. Les 34 milliards d’euros de baisse d’« impôts de production », dont un nouveau CICE de 20 milliards d’euro sans contreparties, alors que l’investissement dans le domaine public est limité à 15% du plan de relance faisant foi. Quand on connaît les résultats catastrophiques du CICE sur l’emploi et ses très maigres 20.000 emplois créés par an, gageons que la gabegie va continuer.
Pour relancer la demande, le gouvernement compte donc sur la consommation de l’épargne des Français, alors même qu’un Français sur trois a connu des pertes de revenu depuis mars, particulièrement ceux dont la propension à consommer est la plus importante, les plus pauvres, l’aide aux plus précaires quant à elle est limitée à 0,8% de ce plan. Si le Covid a provoqué l’accroissement des inégalités et de la pauvreté, Macron n’en a cure.      

Alors que la spirale déflationniste menace, nous avons donc en fait droit, ici, à une nouvelle entourloupe du gouvernement. Que ce soit par sa taille limitée et se fondant sur l’hypothèse de plus en plus fantasque d’une reprise rapide de l’économie, que par ses contreparties, son financement ou encore par les mesures qu’il contient, ce plan de relance n’en est pas un, il est un package de politiques néo-libérales qui seront inopérantes pour relancer notre économie.
C’est une nouvelle leçon : si nous souhaitons relancer une économie frappée de plein fouet par le Covid, si nous souhaitons repenser collectivement et en toute indépendance notre modèle productif en partant des besoins réels des gens et particulièrement de ceux des plus pauvres, et ainsi investir dans le bien commun plutôt que de voir notre argent dilapidé en dividendes, nous devons nous constituer comme cette force en capacité de dégager les politiques néo-libérales et leurs institutions, le peuple ! 

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